Matt’s Collection

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Fender Stratocaster 1962 David Knopfler

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La fin des années 70 aurait pu signer l’arrêt de mort de la bonne vieille Stratocaster, mais c’était compter sans une bande d’irréductibles anglais, des fans de Hank Marvin qui ont décidé de remettre le claquant des positions intermédiaires au goût du jour en les intégrant dans leur pop synthétique mâtinée d’accents américains entre Bob Dylan et J.J. Cale. Lorsque les frères Knopfler ont monté Dire Straits, chacun avait sa Strat : rouge pour le soliste Mark, et noire pour le rythmicien David.

La Strat de David Knopfler avait une finition naturelle lorsqu’il l’a récupérée (un refinish classique dans les années 70), et il a donc décidé que cette Stratocaster d’avril 1962 serait noire, évitant soigneusement le rouge réservé à son frère. C’est sur cette Strat que David, qui mériterait d’être bien plus connu et reconnu pour sa contribution au son du groupe, a enregistré ses rythmiques pour les trois premiers albums du groupe : Dire Straits en 1978, Communiqué en 79 et Making Movies en 80, même si sur ce dernier album ses pistes ont été réenregistrées suite à sa décision de quitter Dire Straits. Il s’agit donc de la Strat que l’on entend sur Sultans Of Swing, Lady Writer ou Once Upon A Time In The West. Il est d’ailleurs fort probable que Mark l’ait empruntée pour enregistrer certains solos, tant cette 62 a une personnalité très attachante et musicale.

Bien sûr, l’électronique a changé au cours des années, à mesure que les musiciens de l’époque découvraient les possibilités des marques de pièces détachées arrivant sur le marché, et il y a même eu à un moment un humbucker en position milieu. On voit aussi les modifications à l’arrière avec une plaque de protection découpée à la bonne hauteur pour accéder aux cordes sans galérer, indispensable si l’on doit changer un mi aigu en plein concert. On remarque aussi qu’une cale a été mise contre le bloc vibrato, preuve de plus du rôle rythmique attribué à cette Strat. Un instrument historique, dont on entend encore le son trois fois par jour sur les radios classic rock.





David Knopfler

(1952)

Groupe : Dire Straits
Guitare principale : Fender Stratocaster 1962
Titre à écouter absolument : The Bloodline

Lorsque l’on pense à Dire Straits, le groupe superstar qui a prouvé que la Strat avait encore son mot à dire dans un monde dominé par Roland et Yamaha, on pense immédiatement à Mark Knopfler, un des derniers grands guitar heroes. Pourtant, son petit frère David a eu un rôle tout aussi important dans l’invention du son du groupe. Là où Mark était fan idolâtre de Hank Marvin des Shadows et ne concevait le monde qu’à travers la guitare, David était un fan de musique folk et s’intéressait aussi bien à la six cordes qu’au piano et à la batterie.

Cette différence de perspective fait que la répartition des rôles s’est décidée très naturellement entre le soliste Mark et le rythmicien David, avec toute la noblesse ingrate que sous entend ce dernier rôle. Le rythmicien est celui que l’on ne voit pas, que l’on n’entend pas, mais qui tient la barraque. Un excellent styliste rythmique comme David Knopfler doit pouvoir mettre son égo de côté et faire l’interface permanente entre l’avant (guitare solo et chant) et l’arrière (basse et batterie).

Avant la formation du groupe, David était travailleur social et partageait un appartement avec John Illsley, bassiste de Dire Straits. C’est d’ailleurs par David que s’est faite la rencontre qui déclenchera tout. L’album Dire Straits sort finalement en 1978, puis Communiqué suit en 1979. Le rythme effréné auquel s’enchaînent tournées et enregistrements devient trop pesant pour David et les deux frères se brouillent, au point que Mark effacera toutes les parties de guitare de David sur l’album suivant, Making Movies. Pourtant, Mark souffrira exactement de la même angoisse quelques années plus tard, ce qui le poussera à mettre fin à un groupe devenu trop énorme pour lui.

Loin de la grosse machine Dire Straits et lassé des intermédiaires innombrables qui gravitent dans ce genre d’aréopage, David Knopfler s’intéresse à l’aspect business de la musique et prend son destin discographique en main en montant son label. Il écrira d’ailleurs un guide sur le sujet quelques années plus tard. Son premier album solo au titre très malin, Release, sort en 1983 et on y retrouve John Illsley ainsi que Mark, preuve que la brouille fraternelle a été de courte durée.

Le chef d’oeuvre de la vaste discographie solo de David sort en 1991. Le superbe Lifelines, enregistré au studio de Peter Gabriel, met en lumière le côté plus doux et soul de Knopfler qui y chante avec un talent certain. Depuis, ses albums se succèdent sans décevoir, avec cette patte toujours reconnaissable. L’éternel petit frère a même sorti un recueil de poèmes en 2005, preuve que son art ne demande qu’à s’exprimer par toutes les voies possibles.



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